La Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique de performance pour les entreprises. Parmi les enjeux encore insuffisamment pris en compte, la situation des salariés aidants occupe une place centrale. À la croisée des problématiques sociales, humaines et économiques, leur accompagnement représente un véritable retour sur investissement pour les organisations qui s’en saisissent.
Salariés aidants : un enjeu massif et sous-estimé
La France compte environ 11 millions d’aidants, dont 8 à 9 millions sont en âge de travailler. Concrètement, un salarié sur cinq accompagne régulièrement un proche en situation de dépendance, de maladie ou de handicap. Cette proportion ne cesse d’augmenter avec le vieillissement de la population.
Parmi ces aidants, 60 % exercent une activité professionnelle à temps plein. Pourtant, plus de la moitié des salariés aidants ne se déclarent pas comme tels à leur employeur, souvent par crainte de stigmatisation, ou faute de dispositifs clairement identifiés au sein de l’entreprise. Cette invisibilité accentue les risques individuels et collectifs.
Le coût du non-accompagnement pour l’entreprise
Absentéisme et présentéisme
Les impacts économiques du non-accompagnement sont aujourd’hui bien documentés. Les salariés aidants non soutenus présentent jusqu’à deux fois plus d’absences non planifiées. À cela s’ajoute le présentéisme, dont le coût est estimé trois à quatre fois supérieur à celui de l’absentéisme, en raison de la baisse de concentration, de performance et de qualité du travail.
À l’échelle nationale, le coût global de l’absentéisme dépasse les 100 milliards d’euros par an, tous secteurs confondus.
Turnover et désengagement
Faute de solutions adaptées, un aidant sur trois envisage de réduire son temps de travail ou de quitter son emploi. Or, le coût de remplacement d’un salarié représente en moyenne six à neuf mois de salaire, et peut atteindre jusqu’à 150 % du salaire annuel pour des profils qualifiés.
Ne pas accompagner les salariés aidants revient donc à accepter une perte de compétences et de savoir-faire pourtant évitable.
Le retour sur investissement d’une QVCT ciblée sur les salariés aidants
Une réduction mesurable de l’absentéisme
Les entreprises ayant mis en place un accompagnement structuré des salariés aidants observent une baisse de 20 à 30 % de l’absentéisme chez les collaborateurs concernés. Les absences d’urgence liées à des situations familiales mal anticipées diminuent également de façon significative.
Chaque journée d’absence évitée génère une économie directe, mais aussi indirecte, en limitant la désorganisation des équipes.
Une amélioration de l’engagement et de la performance
Les collaborateurs bénéficiant de dispositifs QVCT adaptés sont en moyenne deux fois plus engagés et 30 % plus fidèles à leur employeur. Les études montrent par ailleurs qu’une hausse de 10 % de l’engagement salarié peut entraîner jusqu’à 2 % de gain de productivité.
L’accompagnement des aidants agit ainsi directement sur la performance collective.
Une prévention efficace des risques psychosociaux
Près de 58 % des salariés aidants déclarent un niveau de stress élevé, et un aidant sur quatre est exposé à un risque d’épuisement professionnel. Les entreprises engagées dans une démarche QVCT structurée constatent une réduction d’environ 25 % des situations de risques psychosociaux, ainsi qu’une baisse des arrêts longs liés à la santé mentale.
L’accompagnement humain, facteur clé de performance
Les dispositifs les plus efficaces reposent sur une approche humaine et personnalisée. Ils s’appuient notamment sur :
Entre 80 et 90 % des salariés aidants accompagnés déclarent une réduction significative de leur charge mentale, une meilleure conciliation entre vie professionnelle et personnelle, ainsi qu’un fort sentiment de reconnaissance de la part de leur employeur.
QVCT et aidants : un ROI clair et durable
Investir dans la QVCT avec un focus sur les salariés aidants permet aux entreprises :
Les études sur la prévention des risques et la santé au travail estiment qu’un euro investi en prévention et en QVCT peut générer entre deux et cinq euros de gains.
Conclusion
Les chiffres sont sans appel.
La QVCT n’est pas un coût, mais un investissement rentable.
Et l’accompagnement des salariés aidants constitue aujourd’hui l’un des leviers de performance les plus puissants, et pourtant encore largement sous-exploités par les entreprises.
d’aligner performance économique et responsabilité sociale.
de renforcer leur attractivité employeur,
de sécuriser les compétences clés,
de réduire les coûts cachés liés à l’absentéisme, au turnover et au désengagement,
une coordination concrète des solutions (administratives, financières, services à domicile, aides existantes).
un accompagnement individualisé,
un interlocuteur unique, souvent sous la forme d’un care manager,